Nevralgie - Urgence Ostéopathes

Torticolis – Urgence Osteopathes | Thierry Payet

Le torticolis, ou cervicalgie aigue hyperalgique, est souvent d’apparition brutale, et la plupart du temps présent au reveil. Dans de nombreux cas il se caractérise par la contracture d’un muscle du cou, le SCOM, bien que l’on puisse retrouver des réactions vives sur les autres muscles de la région, en particulier le trapeze. L’origine de ce trouble est souvent méconnue, néanmoins il est fréquemment associé à des efforts inhabituels la veille, une activité physique, ou des facteurs de stress importants. (1)

Qui souffre du cou ?
Tout le monde, bien que les femmes sont plus touchées que les hommes
souvent à un âge adulte moyen (1)

Quels facteurs sont associés à l’apparition de douleurs cervicales ?
pathologies articulaires / rhumatismales connues
facteurs pshycho-pathologiques (anxiété, fatigue nerveuse, tendance à la somatisation)
troubles du sommeil
mode de vie sédentaire
traumatismes, chocs, chutes
traumatisants sportifs
métiers manuels ou à forte manutention (port de charge, port de personne)
le travail de bureau assis à l’ordinateur peut aussi favoriser l’apparition de douleurs cervicales. Néanmoins, il a été démontré que les douleurs dans ce contextes sont davantage liées à la faible satisfaction du travail en lui même, et la perception de l’environnement de travail comme désagréable. Elle seraient alors plutôt psychosomatique, et dans une moindre proportion liées à la position assise et son ergonomie, bien qu’elle demeure importante. (1)

Les différents types de cervicalgies
Mécaniques. Ce sont les cervicalgies les plus fréquentes, celles-ci répondent très bien à la prise en charge ostéopathiques. Elles regroupent les douleurs d’origine vertébrale, ligamentaire, musculaire, ou quelconque structure musculo-squelettique entrant dans la constitution du cou.
Neuropathiques. Dans certains cas, elles sont associées à des troubles neurologiques qui sont déjà connus par le patients. Dans d’autres cas, elles résultent d’un conflit ou d’une inflammation impliquant un disque intervertébral et une racine nerveuse. Les douleurs prennent alors des caractéristiques différentes et évocatrices, facilement détectable par le praticien. L’approche est un peu plus délicate et nécessite en parallèle un suivi médical. En tout état de cause, l’ostéopathie ou les thérapies manuelles en général sont préconisées afin de réduire la douleur.
Secondaires. Elles sont généralement causées par des troubles organiques nécessitant un contrôle médical. Dans ce cas l’ostéopathie n’est pas préconisée. Les ostéopathes sont formés et habilités à orienter les individus présentant ces signes, vers une prise en charge médicale classique. (1)

Que peut apporter l’ostéopathie en cas de torticolis ou de cervicalgie aiguë non spécifique ? Voici ce que nous avons pu trouver :

L’utilisation de manipulations vertébrales ostéopathiques semble plus efficace que les mobilisations pour diminuer la douleur de manière immédiate, l’effet sur la mobilité étant néanmoins similaire.(2)

Concernant les douleurs cervicales chroniques et sub-aiguës, c’est à dire des douleurs fluctuantes depuis un minimum de 3 mois, plusieurs études ont démontré l’ostéopathie (énergie musculaire, manipulations vertébrales thoraciques, mobilisation articulaire, points d’inhibition) comme significativement efficace pour diminuer la douleur et augmenter la mobilité globale du cou. Les périodes de traitement ont été de 3 à 4 semaines, pour un nombre de séances allant de 4 à 6 séances, ce qui peut alors faire office de préconisation générale. (3,4,5) L’usage exclusif des manipulations vertébrales (comme c’est le cas en chiropraxie, certains ostéopathes, ou certains thérapeutes manuels) n’est pas conseillé car décrit comme moins efficace, bien qu’améliorée dans le cas ou la région dorsale est aussi traitée. Une prise en charge exclusivement manipulative semble tout de même nécessiter plus de séance, de l’ordre de 10. (5, 6) Les exercices de renforcement musculaire et d’endurance fonctionnent bien pour réduire la douleur et augmenter la mobilité, néanmoins le stretching passif (étirements) a été démontré comme sans effet. (7) Les meilleurs résultats sont obtenus lorsque l’ostéopathie (manipulation + mobilisation) est combinée à de l’exercice ou de la kinésithérapie (force + endurance), que ce soit par le recours à la kinésithérapie si vous avez une prescription, ou à divers exercices autonomes que nous aurions pu vous conseiller.(8)

RÉFÉRENCES

1. Hoy, DG, Protani, M., De, R. et Buchbinder, R. (2010). L’épidémiologie des cervicalgies. Meilleures pratiques et recherche Rhumatologie clinique, 24(6), 783-792.
2. Cassidy, JD, Lopes, AA et Yong-Hing, K. (1992). L’effet immédiat de la manipulation par rapport à la mobilisation sur la douleur et l’amplitude des mouvements dans la colonne cervicale : un essai contrôlé randomisé. Journal de thérapeutique manipulatrice et physiologique, 15(9), 570-575.
3. Fryer, G., Alvizatos, J. et Lamaro, J. (2005). L’effet du traitement ostéopathique sur les personnes souffrant de cervicalgie chronique et subchronique : une étude pilote. Journal international de médecine ostéopathique, 8(2), 41–48. doi:10.1016/j.ijosm.2005.03.001
4. Garson M. (2013). Les effets du traitement ostéopathique sur les cervicalgies chroniques non spécifiques et le handicap
5. Franke, H., Franke, J.-D., & Fryer, G. (2015). Traitement manuel ostéopathique des cervicalgies chroniques non spécifiques : revue systématique et méta-analyse. Journal international de médecine ostéopathique, 18(4), 255–267. doi:10.1016/j.ijosm.2015.05.003
6. Gregoletto, Diana, & Martínez, Cruz Miguel Cendán. (2014). Effets de la manipulation vertébrale chez les patients souffrant de douleurs cervicales mécaniques. Coluna/Columna, 13(4), 269-274. https://dx.doi.org/10.1590/S1808-18512014130400415
7. Gross, A., Kay, TM, Paquin, JP, Blanchette, S., Lalonde, P., Christie, T., … & Goldsmith, CH (2015). Exercices pour les troubles mécaniques du cou. Base de données Cochrane des revues systématiques.
8. Gross, A., Hoving, JL, Haines, T., Goldsmith, CH, Kay, TM, … Aker, P. (2004). Manipulation et mobilisation pour les troubles mécaniques du cou. Base de données Cochrane des revues systématiques. doi:10.1002/14651858.cd004249.pub2

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