Origine nausées grossesse

L’origine des nausées de la grossesse enfin expliquée ! | Thierry Payet

Les nausées sont fréquemment associées aux premiers mois de la grossesse et sont même parfois capables de gâcher le début de la grossesse. Jusque-là, les causes précises de ces nausées restaient mystérieuses. Des chercheurs viennent de publier dans la célèbre revue scientifique Nature leur découverte sur l’origine des nausées de la grossesse. Explications.

Origine nausées grossesse

Nausées de la grossesse et hyperémèse gravidique

Les nausées et les vomissements sont chez de nombreuses femmes l’un des premiers signes du début de la grossesse. Ces nausées particulières débutent souvent à partir du premier mois de la grossesse et ont tendance à s’atténuer à partir du deuxième trimestre de la grossesse. Le plus souvent, ces nausées, certes désagréables, restent bénignes et sont sans danger pour la mère et la fœtus.

Néanmoins, chez environ 4 % des femmes enceintes, ces nausées se présentent sous une forme sévère, appelée l’hyperémèse gravidique. Les nausées sont alors associées à des vomissements importants et répétés, qui peuvent nuire à la santé de la mère et de l’enfant. En effet, la femme enceinte ne parvient plus à s’alimenter et à s’hydrater normalement, voire commence à perdre du poids et à se déshydrater. Une prise en charge médicale est nécessaire, parfois avec une hospitalisation. Dans tous les cas, si les nausées ou les vomissements deviennent difficiles à gérer, il faut consulter un professionnel de santé. Les médicaments contre les nausées (antiémétiques) ne doivent pas être utilisés sans l’avis d’un professionnel de santé.

Quelles sont les causes des nausées de la grossesse ?

D’où viennent ces nausées de la grossesse, le plus souvent bénignes, mais très désagréables au quotidien ? Jusque-là, les causes restaient inconnues. Les spécialistes évoquaient plusieurs facteurs de risque :

  • Des antécédents familiaux de nausées pendant les grossesses ;
  • Des antécédents de nausées, voire d’hyperémèse gravidique, lors d’une précédente grossesse ;
  • La présence dans l’estomac d’une bactérie, Helicobacter pyloriresponsable d’ulcère gastro-duodénal ;
  • Un Indice de Masse Corporelle (IMC) faible en début de grossesse ;
  • Des variations hormonales.

Pour autant, les études n’ont montré aucun lien entre ces différents facteurs et la fréquence ou l’intensité des nausées et des vomissements. Les spécialistes optaient pour une origine multifactorielle des nausées de la grossesse.

Une hormone du fœtus déclencherait les nausées

Mais une récente étude vient bouleverser cette vision. Des chercheurs viennent en effet de découvrir le rôle d’une hormone produite par le fœtus, l’hormone GDF-15. Cette hormone agit au niveau du cerveau maternel et serait directement impliquée dans le développement des nausées et des vomissements de la grossesse. La production de cette hormone et la sensibilité de la mère à l’hormone pourraient expliquer la survenue d’une hyperémèse gravidique. Plus le taux de l’hormone augmente dans le sang, plus les vomissements sont présents.

Même si les mécanismes précis de l’action de l’hormone restent à éclaircir, il semble que la sensibilité de la mère à l’hormone GDF-15 varie selon les femmes en fonction de l’exposition à l’hormone avant la grossesse. Selon les femmes, des taux variables de cette hormone seraient présents dans la circulation sanguine en dehors de la grossesse. Les femmes ayant un taux faible seraient plus sensibles au GDF-15 produit par le fœtus que les femmes ayant des taux élevés. Cette découverte pourrait permettre de développer de nouveaux traitements ciblés contre les nausées de la grossesse et en particulier contre l’hyperémèse gravidique.

En attendant, face aux nausées de la grossesse, quelques mesures simples peuvent aider les femmes enceintes :

  • Fractionner les repas ;
  • Limiter les aliments gras, salés ou épicés ;
  • Bien s’hydrater en buvant régulièrement de petites quantités d’eau ;
  • Dormir avec la tête surélevée (rajouter un oreiller) ;
  • Prévoir un biscuit sur la table de chevet pour manger quelque chose avant de se lever.

Estelle B., Docteur en Pharmacie

Sources

– GDF15 lié au risque maternel de nausées et vomissements pendant la grossesse. www.nature.com. Consulté le 2 janvier 2024.
– Nausées et vomissements pendant la grossesse. www.ameli.fr. Consulté le 2 janvier 2024.
Kinésithérapie et l’activité physique adaptée dans les EHPAD

tout ce que vous devez savoir | Thierry Payet

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Mise à jour: 3 janvier 2024

L’infirmier joue un rôle clé dans l’organisation du système de santé. Un nouveau statut octroyé à ces professionnels vient confirmer l’importance de leur rôle dans le domaine des soins. Il s’agit du statut d’infirmier référent (loi du 27 décembre 2023).

Medicalib vous en dit plus à ce sujet.

I- Infirmier référent : de quoi parle-t-on?

« L’infirmier référent assure une mission de prévention, de suivi et de recours aux soins, en lien étroit avec le médecin traitant et le pharmacien correspondant. » Il joue donc un rôle clé dans la coordination des soins et le renforcement de l’accès aux soins. Ceci, tout en veillant à l’efficacité et à la qualité des soins dispensés.

L’article 15 de la loi du 27 décembre 2023 précise également que :

  • l’assuré ou l’ayant droit âgé de seize ans ou plus atteint d’une affection longue durée nécessitant des soins infirmiers peut déclarer à son organisme gestionnaire de régime de base d’assurance maladie le nom de l’infirmier référent qu’il a choisi, avec l’accord de celui-ci. Le choix de l’infirmier référent suppose, pour les ayants droit mineurs, l’accord de l’un au moins des deux parents ou du titulaire de l’autorité parentale.
  • plusieurs infirmiers exerçant au sein d’un cabinet situé dans les mêmes locaux, au sein d’un même centre de santé ou au sein d’une même maison de santé peuvent être conjointement désignés infirmiers référents.

II- Infirmier référent : compétences et qualifications nécessaires


III- Infirmier référent : responsabilités et tâches journalières

Parmi les tâches, essentielles au bon déroulements des soins, qui incombent à l’infirmier référent, on retrouve :

  • la coordination et la surveillance des soins aux patients : le plan de soin sera adapté aux besoins spécifiques de chaque individu.
  • une collaboration étroite avec les médecins, les spécialistes, ainsi que les autres professionnels de santé en vue d’élaborer des stratégies de soins optimales.
  • et suivi des dossiers médicaux des patients : l’infirmier référent veillera à s’assurer de leur conformité par rapport aux règlementations en vigueur.
  • et rôle éducatif auprès des patients et de leur famille : notamment conseils et éclairages concernant les processus de soins complexes.
  • des tâches administratives liées à l’organisation des soins : plannings, aspects logistiques liés aux soins…

jeV- Infirmier référent : opportunités et défis

Le statut d’infirmier référent offre de nouvelles perspectives et de nouvelles responsabilités aux infirmières. Ces professionnels de santé peuvent alors approcher des fonctions plus élevées, telles que la direction de services infirmiers ou la gestion de départements de soins de santé.

Cependant l’accès à ces nouvelles responsabilités requiert une excellente organisation dans la mesure où la charge de travail est souvent considérable, le temps compté et où une mise à jour régulière des connaissances s’impose.


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Kinésithérapie et l’activité physique adaptée dans les EHPAD

un pilier de la santé familiale | Thierry Payet

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Mise à jour: 29 décembre 2023

Dans la société actuelle, l’enfant est au cœur des préoccupations des familles et des professionnels de l’enfance. Dans ce contexte, l’Intervention de Prévention Précoce à Domicile (IPPAD) se présente alors comme une stratégie essentielle. Destinée à soutenir les jeunes enfants et leurs familles, l’IPPAD est une approche innovante, centrée sur la famille visant à promouvoir un développement sain et à prévenir d’éventuelles difficultés.

On vous en dit plus dans cet article.


I- « IPPAD » : de quoi parle-t-on ?

L’Intervention de Prévention Précoce à Domicile (IPPAD) est une démarche individuelle et personnalisée. Son but est de soutenir le développement des jeunes enfants au sein de leur environnement familial. Les premières années de vie sont cruciales pour le développement global de l’enfant. Ainsi, cette approche vise à optimiser leur potentiel de développement au sein de leur famille et de la société.

L’IPPAD est une approche qui nécessite une collaboration étroite entre les différents acteurs intervenant au domicile : les professionnels (éducateurs, thérapeutes, travailleurs sociaux, …), et les familles. En effet, chacun devra s’impliquer afin de bien pouvoir identifier puis répondre aux besoins spécifiques de l’enfant. Ceci, pour lui offrir un environnement sécurisé et stimulantclé de son bien-être et de son épanouissement.

Cette intervention précoce est particulièrement bénéfique pour les enfants présentant des retards de développement, des troubles du spectre autistique, ou d’autres troubles. Elle permet d’apporter à l’enfant en difficulté ainsi qu’à sa famille un soutien adapté dès les premiers signes de retards.


II- Contexte du déploiement de l’IPPAD : les « 1000 jours de l’enfant«

Le déploiement de l’Intervention de Prévention Précoce A Domicile (IPPAD) a été envisagé dans le cadre de la politique des 1000 premiers jours de l’enfant.

Pour rappel, la période des « 1000 jours », est un moment clé qui englobe la grossesse ainsi que les deux premières années de vie d’un enfant. C’est en effet au cours de cette phase de vie que l’enfant a besoin d’être stimulé physiquement et intellectuellement. Ceci afin de lui permettre d’avoir un développement harmonieux tant sur le plan cognitif, psychique que moteur.

Effectivement, investir dans une nutrition adéquate, des soins de santé préventifs et un environnement stimulant durant cette période peut avoir des implications profondes sur la croissance, la résilience et la santé globale de l’enfant.


III- « IPPAD » : comment fonctionne l’intervention précoce à domicile ?

L’intervention précoce à domicile est une méthode clé destinée à favoriser le développement optimal des enfants dès leur plus jeune âge. Cet accompagnement passe par :

  • une évaluation complète des besoins de l’enfant, réalisée par des professionnels qualifiés.
  • je‘élaboration d’un plan d’intervention personnalisé conçu pour répondre spécifiquement aux besoins de chaque enfant et s’appuyant sur les ressources propres à sa famille.
  • une intervention au sein de l’environnement de l’enfant. Ceci permet en effet de proposer un cadre sécurisé et d’optimiser l’efficacité de l’accompagnement. Les activités proposées par les professionnels dépendent des besoins spécifiques à chaque enfant. Ainsi, différentes propositions d’accompagnement peuvent être faites : exercices de développement moteur, stimulation langagière, jeux éducatifs, ou conseils parentaux.

IV- « IPPAD » : quels avantages ?

L’Intervention de Prévention Précoce à Domicile (IPPAD) offre de nombreux avantages en faveur du développement et du bien-être des jeunes enfants. En effet, cette intervention personnalisée, à domicile, permet d’apporter un accompagnement sur mesure de l’enfant au sein de son environnement. Cette approche motrice, cognitive, émotionnelle ou sociale, favorise un apprentissage et une adaptation plus efficaces.

Parmi les effets positifs on recense :

  • un meilleur développement psychoaffectif de l’enfant : problématique d’attachement réduite; troubles du comportement limités; développement cognitif, langagier et moteur renforcé.
  • l’implication active des parents et familles : préconisation d’outils et de stratégies personnalisées pour mieux accompagner l’enfant.
  • une parentalité plus paisible : meilleur repérage et meilleure réponse apportée aux besoins du bébé.

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pied diabétique

Prendre soin du pied diabétique pour éviter l’amputation | Thierry Payet

D’après la Haute Autorité de Santéentre 15 et 25 % des sujets diabétiques présenteront un ulcère du pied diabétique au cours de leur vie. Chaque année en France, environ 10 000 amputations sont réalisées à la suite de complications du pied diabétique. La Société de Pathologie Infectieuse de Langue Française (SPILF) vient de publier ses dernières recommandations relatives à la prise en charge des infections du pied diabétique. Eclairage.

pied diabétique

Diabètes sucrés et pied diabétique

Qu’est-ce que le pied diabétique ? Quel est le rapport entre le diabète et le pied ? Les diabètes sucrés chroniques, qu’il s’agisse du diabète de type 1  ou du diabète de type 2 , exposent les patients à de multiples complications. L’élévation anormale et répétée du taux sanguin de glucose, l’hyperglycémie, est responsable d’atteintes neurologiques et vasculairesprogressivement irréversibles. Le pied n’échappe pas à ces atteintes et les patients diabétiques présentent simultanément au niveau des pieds une perte de sensibilité (ils sentent moins la douleur) et une circulation sanguine altérée (le sang circule moins bien dans le pied).

De ces mécanismes, découlent différentes complications du pied diabétique :

  • Les infections du pied diabétique: souvent bénignes au départ, elles peuvent évoluer vers des infections plus sévères chez le sujet diabétique ;
  • Le mal perforant plantaire qui associe la formation de corne au niveau des points d’appui du pied, des hématomes en profondeur et des ulcérations de la peau.

Chez le sujet diabétique, les plaies et infections du pied peuvent s’étendre rapidement et peinent à cicatriser. Le diagnostic rapide et un traitement adapté, souvent long, est nécessaire pour prévenir le recours à l’amputationqui reste malheureusement encore d’actualité dans un certain nombre de cas.

De nouvelles recommandations de la SPILF

Régulièrement, les sociétés savantes formulent des recommandations pour diagnostiquer et traiter les plaies et infections du pied diabétique, avec l’objectif de limiter le recours à l’amputation. Les recommandations proposées en cette fin d’année 2023 par la SPILF viennent actualiser leurs précédentes recommandations datant de 2006. Elles définissent les modalités pour :

  • La prise en charge des infections du pied diabétique;
  • Le diagnostic microbiologique en fonction du stade de la blessure ;
  • Les schémas de traitement antibiotique: traitement de première intention et de seconde intention, les posologies et le passage à la voie orale ;
  • Le recours à des antibiothérapies courtes dans certains contextes définis.

Ces recommandations permettent à tous les professionnels de santé accompagnant des sujets diabétiques de prendre en charge de manière optimale les plaies du pied diabétique. Ces patients peuvent également être suivis dans des centres de référence en plaies et cicatrisationqui existent dans différentes régions françaises. Orientés par leur médecin traitant ou leur diabétologue, les patients bénéficient dans ces centres d’une équipe spécialisée dans la prise en charge des plaies, notamment du pied diabétique.

Prendre soin de ses pieds pour prévenir le pied diabétique

Le pied diabétique et ses complications ne sont pas une fatalité pour les sujets diabétiques. Tout au long de la vie avec le diabète, prendre soin de ses pieds et les faire surveiller régulièrement par des professionnels peuvent permettre de limiter les risques. Voici quelques réflexes à adopter :

  • Adopter une bonne hygiène des pieds, des orteils et des ongles : éviter la macération, porter des chaussettes en coton et les changer régulièrement, bien sécher les pieds après la douche, traiter les mycoses cutanées ;
  • Contrôler et surveiller l’état de ses pieds : si vous n’êtes pas en mesure de le faire, demandez à un proche. Et chaque année, pensez à prendre rendez-vous chez un podologue pour un contrôle plus approfondi ;
  • Soigner de manière adaptée toute blessure : frottement, plaie, égratignure, …. Consultez au moindre doute ;
  • Eviter d’utiliser certaines techniques ou ustensiles d’hygiène ou de confort, comme certains coupe-ongles ou des bouillottes. Une simple blessure en se coupant les ongles des pieds peut évoluer en infection du pied diabétique  ;
  • Ne pas marcher pieds nus et choisir des chaussures adaptées à votre morphologie, vos conditions de marche et l’état de santé de vos pieds ;
  • Et bien sûr contrôler votre diabète : l’équilibre glycémique reste la meilleure arme contre les complications du diabète.

Estelle B., Docteur en Pharmacie

Sources

– Recommandations de pratique clinique pour la prise en charge des maladies infectieuses liées à l’infection du pied diabétique (IFD) www.sciencedirect.com. Consulté le 18 décembre 2023.
– Le pied diabétique et ses infections. www.federationdesdiabetiques.org. Consulté le 18 décembre 2023.
Fluoroquinolones

Quinolones et fluoroquinolones – Santé sur le Net | Thierry Payet

Auparavant très utilisés dans le traitement de certaines infections bactériennes, notamment urinaires, les fluoroquinolones sont de moins en moins prescrite s. Les prescriptions en médecine de ville ont été réduites de près de 60 % en 10 ans. En cause, leurs effets secondaires parfois importants. Explications.Fluoroquinolones

Fluoroquinolones, des antibiotiques aux effets secondaires majeurs

Les fluoroquinolones constituent une classe d’antibiotiques très utiles pour le traitement de certaines infections bactériennes. Elles sont notamment utilisées pour traiter des infections urinaires, mais aussi des otites. Actuellement, sept fluoroquinolones sont disponibles en Francesous forme orale ou injectables :

  • La ciprofloxacine ;
  • La lévofloxacine ;
  • L’ofloxacine ;
  • Norfloxacine ;
  • La moxifloxacine ;
  • Loméfloxacine ;
  • La délafloxacine.

Si leur efficacité n’est plus à démontrer, ces antibiotiques présentent parallèlement des effets secondaires, parfois graves :

  • Une photosensibilisation (une sensibilité au soleil liée à la prise de l’antibiotique) ;
  • Des troubles neuropsychiatriques: insomnie, fatigue, dépression, troubles de la mémoire, troubles sensoriels (vue, ouïe, odorat, goût) ;
  • Des neuropathies périphériques (des atteintes des nerfs périphériques) : troubles sensitifs et/ou moteurs touchant surtout les extrémités des membres inférieurs) ;
  • Des troubles musculosquelettiques (douleurs et gonflements des articulations, inflammation voire rupture de tendon, comme le tendon d’Achille, douleurs et/ou faiblesse musculaires.

Des antibiotiques réservés à certaines infections

Ces dernières années, les données de pharmacovigilance ont montré que ces effets secondaires pouvaient perdurer dans le temps, devenir invalidants et parfois irréversibles. Ils peuvent apparaître au cours du traitement, mais aussi plusieurs mois après la prise d’une fluoroquinolone. Ils peuvent également être liés à des traitements antibiotiques successifs. Face à ces effets secondaires majeurs, l’agence européenne du médicament a réévalué le rapport bénéfice / risque des fluoroquinolones en 2018 et 2019. Suite à ces travaux, les autorités de santé publique ont restreint les indications thérapeutiques de ces antibiotiques et actualiser leur profil de sécurité d’emploi.

Parallèlement, des analyses complémentaires ont été effectuées suite à l’observation d’effets secondaires cardiaques très rares, mais graves. Compte-tenu de la gravité potentielle des effets secondaires, les fluoroquinolones ne doivent être prescrites que dans un nombre limité de contextes, et seulement lorsqu’il n’existe pas d’autre antibiotique efficace contre l’infection à traiter. A chaque fois, le médecin doit évaluer les bénéfices et les risques de la prescription d’une fluoroquinolone. Certains patients sont notamment plus exposés aux risques d’effets secondaires :

  • Les personnes âgées ;
  • Les sujets atteints d’insuffisance rénale ;
  • Les patients transplantés ;
  • Les patients suivant un traitement par des corticoïdes.

Informer les patients des risques et des signes à surveiller

Les patients doivent être informés précisément des risques liés à la prise d’une fluoroquinolone et des signes à surveiller tout au long du traitement : gonflement ou douleur articulaire, douleur musculaire, tendinite, troubles sensoriels, difficulté à respirer, etc. Au moindre signe suspect, les patients doivent demander sans délai l’avis d’un professionnel de santé. Dans certains cas, une prise en charge médicale en urgence est nécessaire.

Malgré ces effets secondaires majeurs, les fluoroquinolones restent des antibiotiques indispensables pour traiter certaines infections bactériennes, parfois graves voire mortelles. En revanche, ils ne doivent pas être prescrits dans les cas suivants :

  • Une infection bactérienne non sévère ou qui guérit spontanément ;
  • La prévention de la turista, la diarrhée du voyageur ;
  • La prévention des infections urinaires basses récidivantes ;
  • Les infections non bactériennes, comme la prostatite non bactérienne ;
  • Des infections modérées à sévères sauf lorsque les autres antibiotiques sont inadaptés : cystite non compliquée, exacerbation aiguë d’une BPCO (BronchoPneumopathie Chronique Obstructive), sinusite ou otite moyenne aiguë.

Les fluoroquinolones ne peuvent également pas être prescrites chez des patients ayant déjà présenté des effets secondaires lors d’une prise antérieure de ces antibiotiques.

Rédigé par Estelle B., Docteur en Pharmacie le 3 septembre 2028 et mis à jour le 29 décembre 2023.

Sources

– Fluoroquinolones. www.conseil-national.medecin.fr. Consulté le 15 décembre 2023
– Fluoroquinolones. ANSM. ansm.sante.fr. Consulté le 15 décembre 2023.
– Antibiotiques de la famille des fluoroquinolones administrés par voie systémique ou inhalée : rappel des restrictions d’utilisation. ansm.sante.fr. Consulté le 15 décembre 2023.
Kinésithérapie et l’activité physique adaptée dans les EHPAD

tout ce que vous devez savoir | Thierry Payet

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En réponse à la pénurie de médecins sur le territoire français, une expérimentation est actuellement menée, permettant aux infirmiers de constater le décès d’une personne majeure ayant eu lieu à domicile ou dans un EHPAD et de signer des certificats de décès.

On vous en dit plus dans cet article.

JE- Certificat de décès : de quoi parle-t-on ?

Le certificat de décès est le document officiel émis par un professionnel de la santé ou par un médecin pour confirmer le décès d’une personne. Ce document contient des informations telles que la date, l’heure et la cause du décès.

En règle générale, le certificat de décès est nécessaire pour effectuer des procédures administratives telles que l’enregistrement du décès auprès des autorités civiles, la planification des funérailles et la gestion des successions.

II- Contexte du déploiement de l’expérimentation

Afin de pallier à la pénurie de médecins, et de réduire les longs délais d’attente pour l’obtention des certificats de décès,  » à titre expérimental, pour une durée d’un an, l’Etat peut autoriser les infirmières et les infirmiers à signer les certificats de décès. » (article 36)

Cette initiative, introduite dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2023 va être expérimentée pendant 1 an dans 6 régions : Auvergne-Rhône Alpes, Centre Val de Loire, Ile de France, Hauts de France, La réunion, Occitanie.

Cette expérimentation vise à évaluer l’efficacité et la faisabilité de cette mesure avant une éventuelle généralisation.

Au terme de l’expérimentation, un rapport sera soumis au Parlement, qui décidera ou non de la généralisation de cette mesure.


III- Conditions pour participer à l’expérimentation

Les infirmiers volontaires souhaitant participer à l’expérimentation devront justifier de :

  • une inscription au tableau de l’ordre
  • l’obtention de leur diplôme depuis au moins 3 ans
  • l’accord de leur employeur s’ils exercent en tant que salariés
  • une formation spécifique de 12h avec évaluation finale (cette formation couvre des aspects tels que l’épidémiologie, l’examen clinique du processus mortel, et les aspects administratifs et juridiques).

IV- Modalités et restrictions

Les infirmiers volontaires souhaitant participer à l’expérimentation devront respecter certaines conditions de mise en œuvre, à savoir :

  • intervenir uniquement en cas dindisponibilité d’un médeciny compris retraité inscrit à l’ordre, ou du service d’aide médicale urgente (SAMU) pour établir le certificat de décès dans un délai raisonnable.
  • ne pas rédiger un certificat de décès lorsque le caractère violent de la mort est manifeste. Dans ce cas, il contacte le médecin traitant de la personne décédée ou, à défaut, le SAMU.
  • intervenir pendant son temps de travail, s’il est infirmier au sein d’un EHPAD et, inscrit sur la liste des volontaires, pour constater et certifier le décès d’un résident de l’établissement.
  • informer le médecin traitant du décès de la personne et des causes. Lorsque le décès survient en EHPAD, il en informe le médecin coordinateur ainsi que le directeur de l’établissement.
  • informer chaque semaine l’ARS territorialement compétente du nombre de certificats de décès établis.

V- Rémunération de l’acte

La prise en charge forfaitaire de ces actes et définie dans l’article 1 de l’arrêté du 6 décembre 2023.


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Listeroine natale

Listériose néonatale, comment la prévenir ? -Santé sur le Net | Thierry Payet

Entre 350 et 400 cas de listériose sont recensés chaque année en France, faisant de cette infection bactérienne la seconde cause de décès d’origine alimentaire. Parmi les cas recensés, l’infection des femmes enceintes provoque la listériose néonatale. Récemment des chercheurs de l’Institut Pasteur se sont penchés sur les effets sur la santé de cette infection chez les enfants. Résultats.

Listeroine natale

Qu’est-ce que la listériose néonatale ?

La listériose est une maladie provoquée une bactérie, Listeria monocytogènes. Cette bactérie est présente partout dans notre environnement. Présente dans le sol, elle se retrouve dans le tube digestif des animaux d’élevage et peut être présente dans certains aliments d’origine animale, en particulier les charcuteries, le lait cru et le fromage au lait cru. Tout le monde peut être infecté par cette bactérie, mais les sujets les plus sensibles à cette infection sont :

  • Les femmes enceintes et les jeunes enfants ;
  • Les personnes âgées ;
  • Les personnes immunodéprimées ;
  • Les personnes atteintes de certaines maladies chroniques.

Lorsqu’une femme enceinte est infectée par la bactérie Listeriades conséquences graves peuvent survenir pour le fœtus :

  • La mort du fœtus in utero entraînant une fausse couche ;
  • Un accouchement prématuré;
  • L’infection du fœtus, que les spécialistes appellent la listériose néonatale . Chaque année en France, environ 40 cas de cette maladie sont recensés.

Des séquelles liées à la prématurité des enfants infectés in utero

Jusqu’ici, les études sur la listériose chez la femme enceinte s’étaient limitées aux conséquences sur la suite de la grossesse. Mais cette infection peut-elle impacter durablement la santé de l’enfant ? Pour le savoir, des chercheurs français, de l’Institut Pasteur, de l’Université Paris-Cité, de l’AP-HP et de l’INSERM ont suivi des enfants atteints de listériose néonatale jusqu’à l’âge de 5 ans. Ils ont comparé la santé de ces enfants avec celle d’enfants non touchés par la bactérie au cours de la grossesse.

Au total, une cinquantaine d’enfants exposés à la bactérie Listeria à différents stades de la grossesse ont été suivis jusqu’à l’âge de 5 ans.Les chercheurs s’intéressaient plus particulièrement aux conséquences neurologiques et neurodéveloppementales des enfants infectés in utero. Dans deux tiers des cas, les données ont révélé des séquelles chez les enfants, essentiellement en lien avec leur naissance prématurée : des troubles cognitifs, des problèmes de coordination motrice, des troubles visuels ou auditifs. D’après les chercheurs, cette étude révèle que les conséquences de la listériose néonatale sont principalement liées à la prématurité des enfants, plus qu’à la maladie en elle-même .

9 conseils pour prévenir la listériose néonatale

Face aux risques liés à la listériose pendant la grossesse, la meilleure arme reste la prévention. Des conseils d’hygiène et d’alimentationsont incontournables pour protéger les femmes enceintes et leur bébé de cette bactérie :

  • Bien se laver les mains, en particulier avant de préparer les repas ou de manger ;
  • Bien nettoyer la vaisselle, les ustensiles de cuisine, le réfrigérateur et la cuisine ;
  • Emballer les aliments avant et après leur préparation ;
  • Eviter les aliments à risque : charcuteries, lait cru, fromage au lait cru, viande ou poisson crus ou fumés ;
  • Laver soigneusement les fruits et les légumes consommés crus, de même que les herbes aromatiques ;
  • Privilégier les produits emballés aux produits à la coupe ;
  • Cuire à cœur les viandes et les poissons ;
  • Retirer la croûte des fromages ;
  • Respecter les règles de conservation et de stockage des aliments (durée, température, emballage).

Si la prévention de la toxoplasmose est généralement bien connue des femmes enceintes non immunisées, les mêmes règles – ou presque – s’appliquent pour protéger le fœtus de la Listeria et cette fois-ci toutes les femmes sont concernées, du début à la fin de la grossesse.

Estelle B., Docteur en Pharmacie

Sources

– LA LISTÉRIOSE NÉONATALE : QUELLES CONSÉQUENCES SUR LA SANTÉ DES ENFANTS ? www.pasteur.fr. Consulté le 27 novembre 2023.
– La listériose de la femme enceinte et du nouveau-né en France : évolution de 1984 à 2006. www.santepubliquefrance.fr. Consulté le 27 novembre 2023.
– Qu’est-ce que la listériose et comment s’en prémunir ? www.anses.fr. Consulté le 27 novembre 2023.
Importance de la posture • Blogue santé • 8 novembre 2023

Importance de la posture • Blogue santé • 8 novembre 2023 | Thierry Payet

Une bonne posture n’est pas seulement esthétique, mais elle est également cruciale pour notre santé et notre bien-être. Mais dans le monde d’aujourd’hui, où de nombreuses personnes passent de longues heures au bureau ou à regarder des écrans, de plus en plus de personnes souffrent de problèmes de posture. Une mauvaise posture peut avoir des effets considérables sur le corps, allant des douleurs musculaires aux problèmes digestifs. Dans cet article, nous examinerons les effets d’une mauvaise posture sur la santé et comment l’ostéopathie peut aider à améliorer la posture.

Les conséquences d’une mauvaise posture

Une mauvaise posture peut avoir des effets considérables sur le corps, qui vont au-delà de la simple apparence physique. Voici quelques-uns des problèmes les plus courants pouvant être causés par une mauvaise posture :

1. Maux de dos : Une mauvaise posture peut provoquer un stress excessif sur la colonne vertébrale, ce qui peut entraîner des maux de dos.

2. Douleurs au cou et aux épaules : Les personnes qui passent beaucoup de temps devant l’ordinateur ont tendance à pencher la tête vers l’avant, ce qui peut entraîner des douleurs au cou et aux épaules.

3. Faiblesse musculaire : Une mauvaise posture peut entraîner une répartition inégale du poids corporel, ce qui peut affaiblir certains groupes musculaires.

4. Problèmes digestifs : Une mauvaise posture peut affecter le fonctionnement des organes internes et entraîner des problèmes digestifs.

5. Problèmes respiratoires : Une posture affaissée peut affecter la respiration et conduire à une respiration superficielle.

Approches ostéopathiques pour améliorer la posture

L’ostéopathie considère le corps comme une unité de structure et de fonction. Les ostéopathes estiment qu’une bonne posture affecte non seulement l’apparence physique, mais affecte également la santé et le bien-être de l’ensemble du corps. Voici quelques-unes des approches proposées par l’ostéopathie pour améliorer la posture :

1. Identification des dysfonctionnements : Grâce à un examen complet, l’ostéopathe peut identifier les restrictions, blocages et déséquilibres du corps qui contribuent à une mauvaise posture.

2. Manipulations douces : Les techniques ostéopathiques impliquent une manipulation douce des muscles, des articulations et des tissus pour améliorer la mobilité et soulager les blocages.

3. Améliorer l’équilibre musculaire : L’ostéopathie peut aider à rétablir l’équilibre entre les différents groupes musculaires pour favoriser une posture uniforme.

4. Considérer le corps dans son ensemble : Les traitements ostéopathiques prennent en compte le corps dans son ensemble et visent à traiter non seulement les symptômes mais également les causes sous-jacentes.

Conclusion

Une bonne posture est d’une grande importance pour notre santé et notre bien-être. Une mauvaise posture peut entraîner divers problèmes allant des maux de dos aux problèmes digestifs. L’ostéopathie propose une approche holistique pour améliorer la posture en libérant les blocages, en favorisant la mobilité et en rétablissant l’équilibre musculaire. Si vous souffrez de problèmes de posture, consulter un ostéopathe qualifié peut être un soutien précieux sur le chemin d’une meilleure posture.

Ostéopathie pour douleurs abdominales et constipation • Ostéosanté • 23 novembre 2023

Ostéopathie pour douleurs abdominales et constipation • Ostéosanté • 23 novembre 2023 | Thierry Payet

Une revue systématique et une méta-analyse ont examiné l’efficacité du traitement de manipulation ostéopathique (OMT) chez les adultes atteints du syndrome du côlon irritable (SCI).

Dans la méta-analyse, l’OMT a montré des résultats statistiquement significatifs pour les douleurs abdominales et la constipation par rapport au traitement fictif/à l’absence d’intervention.

Une recherche documentaire a été menée dans les bases de données suivantes : PubMed, Embase, Cochrane, Cinahl, Scopus, PEDro et ClinicalTrials.gov. Sur 350 articles, six études (cinq ECR et un ECR en cours) ont été considérées comme éligibles.

La qualité des preuves sur les symptômes du SCI était généralement jugée « faible » pour les douleurs abdominales et la constipation. L’OMT s’est avérée sûre dans le traitement du syndrome du côlon irritable, sans effets indésirables majeurs.

Dans la méta-analyse, l’OMT a montré des résultats statistiquement significatifs pour les douleurs abdominales par rapport au traitement fictif/absence d’intervention (taille de l’effet ES = -1,14 [-1,66, -0,62]; p < 0,0001) et constipation (ES = -0,66 [-1,12, -0,20]; p = 0,005).

L’OMT peut être efficace chez les patients atteints du syndrome de l’intestin irritable, mais les résultats doivent être interprétés avec prudence en raison de la faible qualité méthodologique des études.

Qu’est-ce qui a été examiné et, si nécessaire, traité ?

Dans une étude, la zone épigastrique et le gros intestin en relation avec l’intestin grêle et les niveaux pariétaux et la suture occipito-mastoïdienne.

Dans une autre étude, tant les techniques directes (pression de la main sur chaque segment de la colonne vertébrale pendant 90 secondes) que les techniques indirectes (pression sur le segment avec les mains, les genoux ou la poitrine) ainsi que les viscères ont été traitées.

Dans une étude, le sacrum et les zones viscérales sensibles étaient régulièrement traités en appuyant et en faisant vibrer les doigts.

Une autre étude a utilisé des techniques directes (pression de la main sur chaque segment de la colonne vertébrale pendant 90 secondes) et indirectes (pression sur le segment avec les mains, les genoux ou la poitrine). Les frottements, vibrations, inhibitions ou rebonds dans la projection abdominale du point de connexion où se situent les zones trigger ont été standardisés.

Consultez également OSTÉOPATHIE ET ​​INTESTIN IRRITABLE

Buffone F, Tarantino AG, Belloni F, Spadafora A, Bolzoni G, Bruini I, Bergna A, Vismara L. Efficacité du traitement manipulateur ostéopathique chez les adultes atteints du syndrome du côlon irritable : une revue systématique et une méta-analyse. Santé (Bâle). 31 août 2023;11(17):2442.

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/37685480/

coupe faim

Un médicament contre l’obésité autorisé aux USA -Santé sur le Net | Thierry Payet

En France, près d’un Français sur deux est concerné par le surpoids et l’obésité. Les données épidémiologiques révèlent une hausse très nette des enfants et des adultes impactés. Face à ce fléau, de nouvelles solutions thérapeutiques sont développées. Aux USA, l’agence américaine du médicament (FDA, Food and Drug Administration) vient d’autoriser un nouveau médicament pour lutter contre cette maladie métabolique. Explications.

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Obésité, une maladie métabolique multifactorielle

Affronter au surpoids et à l’obésitéles solutions médicamenteuses sont rares. La prise en charge est principalement centrée sur les mesures hygiéno-diététiques (alimentation, activité physique, …) et dans les formes sévères sur la chirurgie de l’obésité ou chirurgie bariatriquequi a connu un essor important ces dernières années en France. Les médicaments contre l’obésité sont rares et par le passé certains d’entre eux ont été l’objet de plusieurs scandales sanitaires.

Chaque nouveau médicament indiqué dans la prise en charge de l’obésité suscite donc un vif intérêt mais appelle aussi à la vigilance. Depuis quelques années, se développe une nouvelle classe de médicaments destinés à lutter contre le diabète de type 2, les analogues du GLP-1 (Glucagon Like Protein-1). Au cours des essais cliniques menés sur ces nouvelles molécules, les chercheurs ont constaté qu’ils étaient capables, non seulement d’améliorer l’équilibre glycémique, mais aussi de contribuer à un meilleur contrôle du poids corporel.

Les analogues du GLP-1 face au diabète et à l’obésité

Ces observations ont conduit à s’interroger sur l’intérêt de prescrire ces médicaments, tout d’abord chez les sujets diabétiques en surpoids ou obèses, puis chez les sujets obèses, qu’ils soient diabétiques ou non. Actuellement, en France, un seul médicament analogue du GLP-1 est disponible dans la prise en charge de certaines formes d’obésité sévère, le liraglutide. Après la mise en place du traitement, la perte de poids est évaluée à 12 semaines. Si elle n’est pas supérieure à 5 % du poids des patients, le traitement est stoppé.

Aux USA, un nouvel analogue du GLP-1 vient d’être autorisé dans la prise en charge de l’obésité, le tirzépatide. Sur le plan pharmacologique, ce nouveau médicament est doté d’un double mécanisme d’action, car il est à la fois analogue du GLP-1 et analogue du GIP (polypeptide insulinotrope glucose-dépendant). Le GIP et le GLP-1 sont des récepteurs d’une hormone, l’incrétine, qui agit sur la sécrétion d’insuline, mais aussi sur la vidange gastrique et donc sur l’appétit et la prise de poids. L’autorisation délivrée par l’agence américaine du médicament indique que le tirzépatide pourra être prescrit chez les sujets adultes en surpoids ou obèses, présentant au moins une comorbidité hypertension artérielle, troubles lipidiques, diabète de type 2, apnée obstructive du sommeil.

Des médicaments sous surveillance

En Europe, le tirzépatide n’est disponible que dans l’indication du diabète de type 2 et ne peut pas être prescrit pour le traitement de l’obésité. En France, ce médicament n’est pas disponible à ce jour. L’autorisation de ce médicament aux USA a fait suite à la publication de deux essais cliniques. Dans l’un de ces essais, mené sur 2 539 adultes en surpoids ou obèses, le tirzépatide a permis d’obtenir une perte de poids moyenne comprise en 15 et 21 kg, selon la dose administrée. D’ici la fin de l’année 2023, le tirzépatide devrait être disponible aux USA en 6 dosages différents. Une demande d’autorisation de mise sur le marché a également été déposée auprès de l’agence européenne du médicament.

Ces nouveaux médicaments contre l’obésité, aux résultats prometteurs, doivent être prescrits dans des contextes spécifiques, par des médecins spécialistes de la prise en charge de l’obésité. En effet, ces traitements présentent des contre-indications, mais également des effets secondaires parfois importants. Le recours à ces traitements est généralement réservé à des formes sévères d’obésité avec comorbidités associées. Ils s’intègrent dans une prise en charge globale de l’obésitéafin de permettre une perte significative et durable de poids, sans compromettre la santé des patients.

Estelle B., Docteur en Pharmacie

Sources

– La FDA approuve Lilly’s Zepbound™ (tirzépatide) pour la gestion chronique du poids, une nouvelle option puissante pour le traitement de l’obésité ou du surpoids accompagné de problèmes médicaux liés au poids. investisseur.lilly.com. Consulté le 13 novembre 2023.