opioïdes et surconsommation

la HAS alerte sur leur surconsommation | Thierry Payet

Dans une note publiée hier, la Haute Autorité de Santé (HAS) souligne la nécessité de prévenir la surconsommation d’opioïdes. A l’étranger, notamment aux Etats-Unis, une crise sanitaire induite par la surconsommation de ces médicaments est en cours. Ainsi, la HAS expose les stratégies thérapeutiques précises et encadrées destinées à l’usage de ces médicaments. Explications.

opioïdes et surconsommation

Quelle utilisation médicale pour les opioïdes ?

Eviter tout risque de mésusage des opioïdes et l’addiction chez les patients. C’est l’objectif fixé par la HAS. En effet, en 2015, près de 10 millions de Français ont eu une prescription d’antalgiques opioïdes. Un chiffre qui est en hausse depuis les dernières années. D’ailleurs, aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni, une crise sanitaire marquée par le nombre important de décès imputables à la surconsommation d’opioïdes est en cours.

Le terme « opioïdes » regroupe les composés extraits de la graine de pavot, semi-synthétiques et synthétiques, qui possèdent les mêmes propriétés. Les opioïdes comprennent l’héroïne, la morphine, la codéine, le fentanyl, la méthadone, le tramadol et d’autres substances similaires. En raison de leurs effets pharmacologiques, ils peuvent provoquer des difficultés respiratoires. Une surdose peut entraîner la mort.

Dans le cadre médical, certains d’entre eux peuvent être inclus dans une prise en charge de la douleur. Ils ont alors le rôle d’antalgique, c’est-à-dire qu’ils sont utilisés pour atténuer ou supprimer la douleur, mais sans en traiter la cause. Parmi les dérivés des opioïdes, certains font partie des antalgiques de niveau II. Ils sont utilisés pour traiter les douleurs modérées à intenses. D’autres peuvent être prescrits en cas de douleurs intenses. Etant donné qu’ils agissent directement sur le cerveau, ils peuvent entraîner un phénomène d’accoutumance et de dépendance. C’est pourquoi leur utilisation est strictement encadrée.

Renforcer les recommandations pour lutter contre la surconsommation d’opioïdes

En France, l’enjeu est de sécuriser davantage l’usage des opioïdes sans en restreindre l’accès pour les patients qui en ont besoin. Il s’agit d’un enjeu majeur dans un contexte de vieillissement de la population et d’augmentation des maladies chroniques qui favorisent la multiplication des symptômes douloureux. Face à l’augmentation de la consommation d’antalgiques opioïdes, la HAS insiste sur deux points :

  • Le maintien de la mobilisation des professionnels de santé autour d’une juste prescription;
  • La non-banalisation du recours à ces médicaments. En effet, cette précaution s’impose quelle que soit la puissance de l’opioïde. Les risques de développer un trouble de l’usage ou de surdose sont communs à tous les opioïdes. L’important réside donc dans la durée de la prescription et la quantité. Qu’importe le type de médicament opioïde, une quantité prescrite trop importante peut s‘avérer rapidement problématique.

La HAS a également produit des recommandations détaillées pour chaque situation où des opioïdes peuvent être prescrits : traitement de la douleur chronique non cancéreuse, de la douleur aigue, de celle liée à un cancer ou chez la femme enceinte et allaitante.

Une personnalisation des prescriptions

Dans son rapport, la HAS précise l’usage des opioïdes en fonction de chaque situation :

  • Dans le cadre d’un traitement de la douleur chronique non cancéreuse, elle précise que les antalgiques opioïdes ne sont à envisager qu’en dernier recours. Par exemple, ils ne peuvent pas être prescrits dans le cas de douleurs pelviennes chroniques ou de migraines;
  • Quand la prescription d’opioïdes est nécessaire, elle recommande d’instaurer le traitement de façon progressive. Des réévaluations quotidiennes sont prévues en début de traitement pour ajuster la posologie et surveiller l’apparition d’effets indésirables ;
  • Au-delà de 6 mois de traitement en continu, la HAS conseille de diminuer progressivement le traitement, voire le stopper. Cela permet de vérifier la justification du traitement et d’éventuellement réduire la dose.

Avec la mise à jour des recommandations dans la prescription des antalgiques opioïdes, la HAS ambitionne de contenir l’augmentation de leur consommation afin de ne pas basculer dans une crise sanitaire.

Alexia F., Docteure en Neurosciences

Sources

– Opioïdes : éviter leur banalisation pour limiter les risques. has-sante.fr. Consulté le 25 mars 2022.
– Bien utiliser les médicaments antalgiques contre la douleur. ameli.fr. Consulté le 25 mars 2022.

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