petite fille ayant une phobie scolaire

Phobie scolaire en France : État des lieux | Thierry Payet

La phobie scolaire ou « refus scolaire anxieux » désigne la peur irrationnelle de se rendre à l’école. Pouvant avoir de multiples causes, ce trouble anxieux reste difficile à mesurer en France où seuls les taux d’absentéisme sont surveillés. Des chercheurs de l’Inserm ont donc enquêté sur le sujet pour tenter de mieux décrypter la phobie scolaire en France.

petite fille ayant une phobie scolaire

Etat des lieux de la phobie scolaire en France

Par phobie scolaire ou « refus scolaire anxieux », on entend une peur irrationnelle de l’école. Elle se traduit chez l’enfant ou l’adolescent par une vive détresse émotionnelle, une incapacité physique et psychique ainsi qu’un refus de se rendre dans son établissement scolaire. Loin d’être anodin, cet état constitue un véritable trouble anxieux sévère qui nécessite un suivi psychologique. Car la phobie scolaire peut entraîner un blocage et mener à une déscolarisation et à l’isolement de l’élève qui en souffre.

Pouvant avoir de multiples causes, la phobie scolaire concernerait entre 1 et 2 % des élèves de la maternelle au lycée dans de nombreux pays. En France, elle reste néanmoins difficile à mesurer car seuls les taux d’absentéisme sont chiffrés. Or, l’absentéisme englobe à la fois l’école buissonnière, l’éviction de l’élève de son établissement,  le retrait décidé par les parents et le refus scolaire anxieux. C’est dire combien la phobie scolaire est mal identifiée sur notre territoire et très certainement sous-estimée, faute d’indicateurs assez précis.

À savoir ! L’absentéisme est mesuré à partir de quatre demi-journées d’absence non justifiées par mois.

Dans ce contexte, des chercheurs de l’Inserm ont mis sur pied en 2018 une enquête pour tenter de mieux décrypter la phobie scolaire en France. L’objectif ? Examiner les profils et le devenir des enfants de 5 à 20 ans souffrant de phobie scolaire. Parmi les 2 000 questionnaires recueillis, 1 328 dossiers répondaient à la définition de « refus scolaire anxieux ». Mais seuls 729 dossiers présentant des données d’absentéisme sur trois ans ont finalement été étudiés par les chercheurs.

La phobie scolaire : un trouble multiforme

Il ressort de cette enquête qu’à l’école primaire, les absences sont souvent liées à des symptômes (maux de ventre, maux de tête) ou à un problème médical (rare ou chronique) qui s’aggrave pendant la période de refus scolaire. Le retour à l’école se fait généralement après deux ans de suivi.

Au collège, le refus scolaire se manifeste plutôt vers l’âge de 11–12 ans, en lien avec différents troubles (dépression, phobie sociale), des questions existentielles ou un environnement scolaire gênant. Si certains élèves parviennent à se rétablir progressivement à l’aide d’un accompagnement régulier, beaucoup voient leur état se dégrader. Ils en arrivent parfois à une déscolarisation complète malgré un suivi médical conséquent (psychothérapie, hospitalisations, traitements médicamenteux)…

Au lycée, bien que les différences soient mieux acceptées, les premiers épisodes dépressifs voient le jour. Les élèves se retrouvent en effet confrontés à de nouvelles sources d’angoisse comme le choix de leur orientation. Depuis 2020, le système de contrôle continu maintient également une pression constante sur les futurs bacheliers tout au long de l’année.

Par ailleurs, cette enquête révèle que sur les 1 328 élèves souffrant de refus scolaire anxieux, près de la moitié ont été victimes de harcèlement, d’insultes ou de menaces. C’est sans compter d’autres facteurs tels que les difficultés d’apprentissage (dyslexie, dysgraphie), le handicap, la précocité, ou les troubles autistiques qui peuvent amener les élèves pointés du doigt à développer une phobie scolaire.

Un trouble aux lourdes conséquences

La phobie scolaire n’est pas sans conséquences pour l’élève qui en souffre. L’absentéisme chronique risque en effet de compromettre sa réussite scolaire et de générer à terme des problèmes financiers ou une fragilité mentale.

Les conséquences de ce trouble peuvent également être lourdes pour l’entourage de l’enfant. Contraints d’adapter leurs plannings, les parents recourent à des soins onéreux et non remboursés. Outre la charge mentale et le sentiment de culpabilité qui peuvent les envahir, les parents se retrouvent souvent confrontés à l’errance thérapeutique, par manque d’information du personnel éducatif et des praticiens.

Il est donc crucial de sensibiliser tous les acteurs éducatifs afin de pouvoir repérer chez l’enfant le plus précocement possible des signes de phobie scolaire : petits maux avant d’aller à l’école, changement de comportement, moins bonne assiduité en classe, isolement dans la cour de récréation, passages fréquents à l’infirmerie etc… L’objectif : éviter les diagnostics trop tardifs et enrayer l’absentéisme scolaire. Le rôle des proches s’avère essentiel dans ce repérage ainsi que dans la préparation de l’enfant au retour progressif à l’école. Cela passera par sécuriser psychiquement l’enfant à travers une bonne hygiène de vie, le maintien du lien avec son établissement et des aménagements personnalisés en vue de son retour en cours.

Déborah L., Docteur en Pharmacie

Sources

-Phobie scolaire : Effet de mode ou réalité profonde ? inserm.fr. Consulté le 9 Janvier 2023
Grossesse & Ostéopathie

Grossesse et ostéopathie – Clinique d’ostéopathie East Gippsland | Thierry Payet

Grossesse & Ostéopathie

Grossesse & Ostéopathie

Récemment, deux de nos ostéopathes, le Dr Steph Rohde et le Dr Michelle Derrick, ont participé à une journée de développement professionnel en petit groupe sur le thème de l’ostéopathie et de la grossesse. Ils ont appris comment l’ostéopathie peut aider à toutes les étapes de la grossesse et ont appris quelques techniques qui peuvent être utilisées pour aider et soutenir les femmes tout au long de la grossesse.

La grossesse est un voyage extraordinaire qui montre vraiment les capacités physiques, mentales et émotionnelles du corps de la femme alors qu’elles soutiennent la croissance d’un autre petit être humain. Cela devrait être un moment où une femme rayonne et où l’amour s’épanouit. Grâce au traitement et à la gestion ostéopathiques, nous voulons soutenir ce voyage pour qu’il soit aussi sûr et confortable que possible.

Comment l’ostéopathie peut-elle aider pendant la grossesse ?

L’ostéopathie peut accompagner les femmes tout au long de leur parcours, depuis avant la conception, tout au long de chacun des différents trimestres et se poursuit jusqu’à la récupération de leur santé et de leur fonction musculo-squelettique. Il peut également aider à soutenir le corps à travers les changements biomécaniques associés à la grossesse et à la naissance via un traitement pratique, une éducation et des exercices.

Quels ostéopathes peuvent traiter la grossesse environnante ?

Les ostéopathes peuvent aider et traiter une gamme de facteurs liés au parcours de grossesse, notamment :

  • Douleurs lombaires et pelviennes
  • Préparation avant la naissance
  • Positionnement fœtal optimal
  • Équilibre pelvien
  • Problèmes posturaux, en particulier pendant la grossesse et l’alimentation
  • Maux de tête
  • Sciatique
  • Douleur au talon et au pied
  • Syndrome du canal carpien
  • Soins postnatals et récupération
  • Douleur au genou
  • Mastite
  • Soins du plancher pelvien
  • De plus, toute plainte musculo-squelettique générale

Avec qui travaillons-nous ?

Nous pouvons également travailler en collaboration avec :

  • GPS
  • Infirmière en santé maternelle et infantile
  • Physiothérapeutes du plancher pelvien
  • Praticiens en médecine chinoise
  • Herboristes
  • Spécialistes FIV

…et de nombreux autres professionnels de la santé pour vous aider à prendre soin de chaque aspect de votre santé tout au long de ce parcours.

Si vous souhaitez en savoir plus sur la façon dont l’ostéopathie peut vous aider, parlez à l’un de nos ostéopathes en prendre rendez-vous aujourd’hui.

Sinon, si vous avez des questions, veuillez appelez notre sympathique équipe de réception Pour plus d’aide.

Homme est femme entrain de bien dormir pour éviter les risque de cancer de poumon

facteur clé pour réduire le risque de cancer du poumon | Thierry Payet

Les preuves scientifiques de l’importance du sommeil sur la santé se multiplient d’année en année. Dans une récente étude, des chercheurs ont exploré le lien entre les caractéristiques du sommeil et le risque de cancer du poumon. Leurs travaux sont publiés dans la revue scientifique Journal international de recherche environnementale Santé publique.

Homme est femme entrain de bien dormir pour éviter les risque de cancer de poumon

Sommeil et cancer du poumon

Le sommeil constitue un des piliers de la santé, avec l’alimentation et l’activité physique. Mais pas n’importe quel sommeil ! Dans le sommeil, comptent plusieurs paramètres essentiels :

  • La quantité de sommeil ;
  • La qualité du sommeil ;
  • Le plus ou moins grand respect du rythme circadien, c’est-à-dire le fait de dormir pendant la nuit ou au contraire de dormir la journée pour les personnes qui travaillent de nuit.

Des études scientifiques ont déjà suggéré un lien entre le sommeil et le risque de certains cancerscomme le cancer du sein ou le cancer de la prostate. Dans une nouvelle étude, des chercheurs ont évalué l’impact du sommeil sur un autre cancer, le cancer du poumon, dont les causes ne sont pas totalement connues.

Pas assez ou trop dormir augmente le risque de cancer du poumon

L’étude multicentrique, menée entre 2014 et 2017 en Ile-de-France, a évalué l’association entre des troubles du sommeil, le travail de nuit et le risque de développer un cancer pulmonaire chez des femmes, âgées de 18 à 75 ans. Parmi elles, 716 ont été diagnostiquées pour un cancer du poumon, tandis que 758 femmes étaient en bonne santé pulmonaire. Des questionnaires et des entretiens individuels ont permis de déterminer :

  • La durée du sommeil ;
  • Les données socio-démographiques ;
  • Les antécédents médicaux ;
  • Le mode de vie (tabagisme, consommation d’alcool, pratique d’une activité physique).

L’analyse des données collectées a mis en évidence que les femmes qui avaient une durée de sommeil faible (moins de 7 heures par jour) et élevée (plus de 8 heures par jour) avaient un risque de cancer du poumon majoré respectivement de 16 et 39 %, par rapport aux femmes ayant une durée de sommeil considérée normale (entre 7 et 8 heures par jour). Ce lien entre durée du sommeil et cancer du poumon était par ailleurs renforcé chez les femmes qui travaillaient de nuit depuis au moins 5 ans.

Un lien sommeil – cancer du poumon, influencé par le travail de nuit et le tabagisme

Dans ce contexte de travail de nuit, le surrisque de cancer du poumon était accentué particulièrement chez les femmes dormant peu (moins de 7 heures par jour). Travail de nuit et tabagisme influençaient conjointement le risque de cancer du poumon. Chez les non-fumeuses, le travail de nuit n’augmentait pas significativement le risque de cancer pulmonaire, alors qu’un surrisque était observé pour les anciennes fumeuses et les fumeuses.

Enfin, l’étude révèle que l’existence de troubles du sommeil augmente le risque de cancer du poumon. En conclusion, une durée de sommeil comprise entre 7 et 8 heures contribuerait à réduire le risque de cancer du poumon, tandis que les troubles du sommeil, l’excès ou le manque de sommeil, le travail de nuit et/ou le tabagisme auraient tendance à accroître le risque de cancer pulmonaire. Bien dormir est donc capital pour la santé des poumons !

Estelle B., Docteur en Pharmacie

Sources

– Caractéristiques du sommeil, travail de nuit et risque de cancer du poumon chez les femmes. mdpi.com. Consulté le 9 janvier 2023

De retour de blessure

De retour de blessure | Thierry Payet

Dans notre clinique, nous voyons une grande variété de blessures liées à la course, des débutants aux marathoniens expérimentés. Dans cet article de blog, je vais parler des mesures que vous pouvez prendre pour vous assurer que vous recommencez à courir de la manière la plus sûre, la plus efficace et la plus indolore.

COMMENCEZ LENTEMENT

Je marcheC’est le tremplin du retour à la course à pied. En raison de la complexité biomécanique de la démarche de course et des forces de compression qui se produisent, le retour à la course est un processus graduel. Aux premiers stades du processus de rétablissement, je conseille généralement aux patients de conserver temporairement leur forme cardiovasculaire passant par un impact moindre méthode, comme la natation, le vélo stationnaire et la marche. Une fois que la blessure est en phase terminale de cicatrisation, je conseille ce qui suit indiqué ci-dessous :

ÉTAPE 1 : LES PREMIÈRES ÉTAPES UNE FOIS QUE LA BLESSURE EST EN PLUPART RÉCUPÉRÉE

· Commencez le même sol et un parcours plat et faire une promenade quotidienne dans un rythme modéré (en le gardant jusqu’à une heure)

· Progresser vers un itinéraire qui implique quelques collines et sol inégal (cela commencera à conditionner les structures musculaires qui sont vitales pour une démarche de course efficace

ÉTAPE 2 : INTRODUIRE UNE COURSE

· J’ai tendance à conseiller sur la marche/course méthode du rapport. Au départ, commencez par le format de Cours pendant une minute et marche pendant deux minutes à la fois et assurez-vous d’avoir un jour de repos entre chaque séance de course/marche. A chaque séance, s’accumuler les périodes de course et réduire progressivement les périodes de marche. Continuez jusqu’à ce qu’environ 20 minutes de course douce et rythmée soient confortables

· Construire progressivement le rythme et distance sur les parcours de course les plus plats. Une fois cet objectif atteint, introduisez des itinéraires avec des collines.

CHOSES IMPORTANTES À RETENIR

· Élongation C est la clé. Au moins 5 à 15 minutes d’étirements sont conseillés après une course, afin d’éviter que les blessures ne se reproduisent. Étirez les « trois grands » : quadriceps, ischio-jambiers et mollets

· Envisagez occasionnellement massages sportifs de ces muscles pour une meilleure prévention des blessures

· N’évitez pas Jours de repos. Ils sont cruciaux pour permettre à vos muscles de s’adapter et de récupérer

Verrue plantaire ou cor au pied

Verrue plantaire ou cor au pied : quelle différence ? | Thierry Payet

Verrues plantaires et cors au pied occasionnent des désagréments aux pieds de nombreux Français. Comment les différencier ? Quelle attitude adopter ? Comment s’en débarrasser ? Santé Sur le Net fait le point sur ces questions pour enfin savoir distinguer la Verrue plantaire du cor au pied.

Verrue plantaire ou cor au pied

Verrue plantaire ou cor au pied ?

Les verrues plantaires sont comme toutes les verrues des petites tuméfactions bénignes, liées à l’infection par un virus du type Papillomavirus humain (HPV). Bénignes, elles se présentent généralement sous forme isolée ou en très petit nombre. A la différence des verrues des mains et du visage, elles sont souvent profondes, bien délimitées par un anneau de corne. Au centre, il est possible de distinguer des petits points noirâtres (qui sont en fait des petits vaisseaux sanguins, qui peuvent occasionner de petits saignements en cas de blessure de la verrue).

En fonction de leur position, les verrues plantaires peuvent provoquer des douleurs à la marche, lorsque la pression du corps s’exerce sur la région où est implantée la verrue plantaire. Les cors quant à eux sont des épaississements de la peau, sans lien avec une infection. Le plus souvent, ils se développent sur la plante des pieds, dans les zones de convexité et entre les orteils.

Trois différences majeures entre cor et verrue

Les cors sont provoqués par la répétition de frottements sur certaines zones des piedsou encore lorsqu’une pression excessive s’exerce sur une zone spécifique. Les cors provoquent des douleurs à la marche, comme les verrues plantaires, et sont le plus souvent isolés, à l’image des verrues plantaires les plus communes. En revanche, les cors se développent beaucoup plus lentement que les verrues plantaires, sur plusieurs mois voire plusieurs années et sont plus fréquents situés au niveau des proéminences osseuses.

Pour différencier simplement une verrue plantaire d’un cor au pied, il faut pincer la lésion entre deux doigts. A cet instant, la verrue plantaire est douloureuse, alors que le cor est indolore.
De plus, les petits points noirâtres caractéristiques des verrues plantaires sont absents dans les cors. Enfin, autre différence de taille. La verrue plantaire est une excroissance liée à une infection, donc elle interrompt les lignes naturelles de la peau. A l’inverse, le cor est un épaississement de la peau, qui conserve donc les lignes naturelles.

Un diagnostic précis pour choisir le bon traitement

Côté prévention, les moyens diffèrent pour se prémunir des cors au pied ou des verrues plantaires. Transpiration excessive des pieds, macération, fréquentation des piscines et salles de sport, vie en collectivité sont des facteurs favorisants des verrues plantaires. Il faut donc éviter de marcher pieds nus dans les douches collectives et les endroits publics. Dans le cas des cors, la prévention repose sur le port de chaussures adaptées et sur la détection de déformation des pieds. Une consultation avec un podologue est conseillée, en cas d’apparition de plusieurs cors aux pieds.

Une fois le cor au pied bien différencié des verrues plantaires, chaque lésion peut recevoir le traitement adapté. Le traitement d’un cor au pied n’est pas celui d’une verrue plantaire. L’application de cryothérapie ou d’acide sur un cor au pied peut entraîner une aggravation du cor. Des soins podologiques adaptés peuvent permettre de résoudre les cors. Différencier cor et verrue plantaire est donc indispensable pour confirmer le diagnostic et opter pour la bonne méthode de traitement. N’hésitez pas à demander conseil à un professionnel de santé (médecin, pharmacien, podologue).

Estelle B., Docteur en Pharmacie

Sources

– Définition et causes des verrues cutanées. ameli.fr. Consulté le 4 décembre 2022.
Entretien avec Swami Vijayananda • Torsten Liem • 2023

Entretien avec Swami Vijayananda • Torsten Liem • 2023 | Thierry Payet

L’interview a eu lieu le 14 février 2010, peu avant sa mort.

Fin 1950, il prend un bateau de Marseille vers le Sri Lanka et l’Inde pour retrouver son maître. Son idée était de lui demander conseil puis de retourner dans le sud de la France, où il travaillait comme médecin. Finalement, il est resté en Inde pour le reste de sa vie – les 59 années suivantes, dont il a passé plus de 10 ans dans une solitude totale dans l’Himalaya.

courte biographie

Swami Vijayananda (26.11.1914- 5.4.2010)

Le 26 novembre 1914, au début de la Première Guerre mondiale dans l’est de la France, Vijayananda est né dans une famille juive et devait succéder à son père, le grand rabbin de Metz. Enfant, il était très pieux, mais dans sa jeunesse, il a étudié la philosophie et a commencé à s’éloigner des dogmes religieux monothéistes. Il a ensuite étudié la médecine, suivant d’abord un maître spirituel à Paris, un psychiatre français influencé par le bouddhisme. Fin 1950, il prend un bateau de Marseille vers le Sri Lanka et l’Inde pour retrouver son maître. Son idée était de lui demander conseil puis de retourner dans le sud de la France, où il travaillait comme médecin. Il avait espéré rencontrer Shri Ramana Maharshi et Shri Aurobindo mais quand il arriva à Chennai en janvier 1951, tous deux venaient de mourir. Il a plutôt rencontré Ma Anandamayi le 2 février 1951 à Varanasi et lui a demandé si elle pouvait rester dans sa retraite pendant deux ou trois jours, ce qui s’est finalement transformé en 59 ans. Il a passé une longue période de plus de 10 ans dans une solitude totale dans un ashram de l’Himalaya car Ma Anandamayi, son maître spirituel, l’y a envoyé. En 1985, après la mort de Ma Anandamayi, elle lui a demandé de s’occuper des visiteurs de l’ashram, ce qu’il a fait jusqu’à la fin de sa vie.

  • Vous étiez médecin en France et vivez maintenant en Inde depuis près de 60 ans, pourquoi n’êtes-vous jamais retourné en France ?

J’ai vécu en Inde pendant 58 ans ; Je suis venu ici pour trouver le vrai professeur. J’ai trouvé Ma Anandamayi. Si j’ai trouvé ce que je cherchais, pourquoi devrais-je revenir en arrière ? J’ai miraculeusement trouvé exactement ce que je cherchais. Il n’y a donc aucune raison de revenir en arrière. Miraculeusement, j’ai trouvé ce que je cherchais.

  • Vous avez vécu seul dans l’Himalaya pendant quelques années.

Oui, depuis de nombreuses années. Ma Anandamayi m’y a envoyé. C’était un nouvel ashram et personne ne voulait y rester. Ma m’a dit Vijayananda que tu iras là-bas. Elle voulait que j’y aille. Il n’y avait pas d’eau là-bas. J’ai dû marcher 1,5 miles pour avoir de l’eau potable. Il n’y avait ni nourriture, ni lumière, ni électricité. J’ai dû marcher dans la jungle la nuit avec une sorte de torche.

  • Votre état de paix est-il un état constant ?

La paix est presque constante. Lorsque vous êtes seul dans la jungle, il y a de nombreuses raisons d’avoir peur de beaucoup de choses. Donc mon but était de ne plus avoir peur, de ne plus avoir peur du tout, d’être complètement libéré de la peur – tout le temps.

  • Votre état de paix, est-il le même que le bonheur – Ananda ?

Non, la béatitude est un état bien supérieur. J’éprouve le bonheur de temps en temps. La paix est un sentiment fondamental.

  • Qu’est-ce qui peut nous apporter la tranquillité d’esprit alors que nous vivons dans le monde ?

Lorsque vous êtes en méditation et que vous expérimentez la conscience de l’unité et que vous sentez que vous êtes la conscience divine et que vous ne pouvez pas mourir, vous êtes immortel.

  • Que pouvons-nous faire pour réduire nos sentiments destructeurs comme la haine, le désir, le chagrin ?

Peur, colère, désir sexuel. Méditation, regarder à l’intérieur, prendre conscience du fonctionnement de l’esprit. Si vous remarquez/comprenez comment le mental fonctionne, vous pouvez le contrôler.

  • Quelle est la différence entre méditer avec un mantra ou observer la respiration

Regarder la respiration n’est pas un bon pranayama. Le bon pranayama contrôle le nadi. Regarder le souffle n’est pas la vraie chose. Juste une aide.

Un mantra peut être utilisé comme support pour l’esprit.

  • Quelle est la différence entre une vie spirituelle et une vie mondaine ?

Plaisir, frustration, repli sur soi, loin du plaisir. Le « Soi » est la source. Le moi intérieur est la vraie cause de la joie. Les gens vont partout dans le monde pour trouver le bonheur et la joie. Si vous le trouvez en vous, vous n’avez pas à le chercher à l’extérieur. Ce que vous cherchez à l’extérieur, dans le monde, vous le trouverez à l’intérieur. Ce que vous cherchez dans le monde extérieur, vous le trouverez en vous, la paix intérieure. Lorsque vous vous rendez compte que tout est en vous, alors vous n’avez pas besoin de regarder à l’extérieur, de courir dehors.

  • Quel est le problème de le chercher à l’extérieur ?

Si vous le ressentez à l’intérieur, vous vous rendez compte que la joie ne dépend pas de quelque chose d’extérieur. Si vous êtes tourné vers l’extérieur, que vous avez une petite amie ou un petit ami et que vous en dépendez… Votre joie intérieure ne dépend de rien, elle est en vous, l’essence est en vous.

  • Est-il essentiel à une vie spirituelle de se retirer du monde ?

Non, il existe de nombreuses voies, par exemple le Karma Yoga. Cela change aussi l’attitude de l’esprit. Vous restez où vous vivez et vous changez l’attitude de l’esprit.

Explication Torsten Liem : Le Karma Yoga se caractérise par le service et l’action désintéressés.

  • Si vous vivez avec un partenaire dans une famille. Quel est le chemin d’une vie spirituelle?

Vous voyez la femme comme une mère divine, comme un dieu féminin et vous vous dites que vous servez Dieu. Et montrez du respect à la mère féminine. C’est la voie pour vous en tant qu’homme.

  • Existe-t-il un lien entre spiritualité et santé ?

Vous avez besoin d’un corps fort et sain si vous voulez bien méditer. Si vous êtes faible, vous ne pouvez pas réaliser une bonne vie spirituelle.

Lorsque vous mangez des aliments sains, vous êtes fort et vous vous détoxifiez, vous nettoyez de l’intérieur. Ne mangez pas trop ou vous tomberez malade. Mais assez pour avoir un corps sain et fort.

impact stéatose hépatique sur la santé cérébral

Stéatose hépatique non alcoolique et santé du cerveau | Thierry Payet

La stéatose hépatique non alcoolique désigne une maladie du foie liée  à  une consommation excessive de sucres et de graisses. Elle se caractérise par une accumulation de graisses au niveau du foie avec risque d’inflammation et de cirrhose. Et si cette maladie avait également un impact sur la santé cérébrale ? C’est ce que suggère une récente étude selon laquelle la stéatose hépatique non alcoolique pourrait conduire à des troubles neurologiques.

impact stéatose hépatique sur la santé cérébral

Qu’est-ce que la stéatose hépatique non alcoolique ?

Touchant près de 200 000 personnes en France, la stéatose hépatique non alcoolique ou « maladie du foie gras » désigne une maladie liée  une consommation excessive de sucres et de graisses. Particulièrement présente dans les pays touchés par l’obésité et la sédentarité, cette maladie peut concerner jusqu’à 80 % des personnes souffrant d’obésité morbide. Elle se caractérise par une accumulation de graisses au niveau du foie pouvant provoquer une inflammation puis une cirrhose.

À savoir ! La cirrhose est une maladie grave du foie caractérisée par des lésions hépatiques diffuses et irréversibles. L’inflammation chronique du foie est responsable de la destruction des cellules hépatiques,  à l’origine d’une fibrose hépatique.

Des études menées par le passé ont déjà souligné les effets délétères d’une alimentation déséquilibrée et de l’obésité sur la santé cérébrale. Mais jusqu’à présent, aucune n’a pu établir à l’aide de modèles animaux une association claire entre la stéatose hépatique non alcoolique et des problèmes neurologiques. Forts de ce constat, des scientifiques de l’Inserm, de l’université de Poitiers, du King’s College à Londres et de l’université de Lausanne, ont entrepris de faire la lumière sur le sujet.

Impact de la stéatose hépatique non alcoolique sur la santé du cerveau

L’objectif de cette étude ? Déterminer un lien potentiel entre stéatose hépatique non alcoolique et dysfonctionnement cérébral. Pour mener à bien leurs travaux, les scientifiques ont donné deux régimes alimentaires différents à deux groupes de souris. Le premier groupe de souris a eu droit  un régime sain dont l’apport calorique ne contenait pas plus de 10 % de matières grasses.  Le second groupe a  bénéficié d’un régime riche en graisses et en sucres mimant  une alimentation en produits transformés et boissons sucrées, avec un apport calorique de 55 % de matières grasses.

Après une période de 16 semaines, les scientifiques ont conduit une série de tests visant à comparer les effets de ces deux régimes sur le foie et le cerveau des souris. Ils ont ainsi pu observer que les souris ayant consommé le régime alimentaire sain n’ont pas développé de stéatose hépatique non alcoolique ou de résistance à l’insuline et que leur cerveau était en parfaite santé. En revanche, ils ont constaté que toutes les souris du groupe ayant consommé un régime riche en graisses présentaient :

  • Une obésité
  • Une stéatose hépatique non alcoolique
  • Une résistance à l’insuline
  • Un dysfonctionnement cérébral marqué avec troubles du comportement
  • Des signes d’anxiété et de dépression

Par ailleurs, les scientifiques ont pu remarquer que le cerveau des souris atteintes de stéatose hépatique non alcoolique présentait des niveaux d’oxygène moindres. Cette baisse pourrait s’expliquer par le fait que la maladie réduit le nombre et le diamètre des vaisseaux sanguins cérébraux, censés apporter de l’oxygène aux tissus. Autre hypothèse : l’inflammation détectée dans le cerveau pourrait également conduire des cellules spécifiques à consommer davantage d’oxygène.

L’accumulation de graisses dans le foie serait ainsi  l’origine d’une diminution de l’oxygène dans le cerveau et de l’inflammation des tissus cérébraux. Or ces deux phénomènes sont associés à une augmentation du risque de maladies neurologiques graves. Pour l’auteure principale de l’étude, ces observations sont d’autant plus inquiétantes que l’accumulation de graisses dans le foie est une maladie souvent bénigne au départ et qu’elle peut évoluer silencieusement pendant de nombreuses années sans que les patients ne s’en aperçoivent.

Vers l’identification d’une cible thérapeutique potentielle ?

Face à ces résultats, les scientifiques ont tenté de trouver un moyen de contrer les effets délétères de la stéatose hépatique non alcoolique sur le cerveau. Pour cela, ils ont étudié un groupe de souris présentant des taux plus faibles en une protéine appelée « Monocarboxylate Transporter 1 » (MCT1). L’intérêt de cette protéine ? Sa présence dans différents organes impliqués dans la balance énergétique de l’organisme (parmi lesquels le foie et le cerveau).

À savoir ! La protéine MCT1  est spécialisée dans le transport de substrats énergétiques utilisés par diverses cellules pour leur fonctionnement normal.

Les chercheurs ont ensuite nourri ce groupe de souris avec le même régime riche en graisses et en sucre que celui de l’expérience initiale. Mais cette fois-ci, les souris n’ont pas présenté d’accumulation de graisses dans le foie ni de signe de dysfonctionnement cérébral. Pour l’un des auteurs de l’étude, la découverte du rôle potentiel de MCT1 dans le développement de la stéatose hépatique non alcoolique et du dysfonctionnement cérébral qui lui est associé « ouvre des perspectives intéressantes et indique une cible thérapeutique possible. »

Publiées dans la revue Journal d’hépatologieces  conclusions soulignent l’importance de réduire l’apport alimentaire en sucres et en graisses. L’objectif étant multiple : lutter contre l’obésité certes, mais également protéger le foie, préserver la santé du cerveau et limiter le risque de survenue avec l’âge de troubles neurologiques tels que la dépression ou la démence.

Déborah L., Docteur en Pharmacie

Sources

– L’invalidation partielle de MCT1 protège contre la stéatose hépatique non alcoolique induite par l’alimentation et le dysfonctionnement cérébral associé. journal-of-hepatology.eu. Consulté le 2 Janvier 2023.
Nouvel avenant à la convention nationale des sages-femmes

Nouvel avenant à la convention nationale des sages-femmes | Thierry Payet

Après plusieurs mois de négociations, l’Union National des Caisses d’Assurance Maladie (UNCAM) et l’Union Nationale et Syndicale des Sages-Femmes (UNSSF) sont parvenues à trouver un accord.  L’avenant 6 à la convention nationale des sages-femmes a été signée le 12 décembre 2022. Les mesures de valorisation entreront en vigueur en juin 2023.


Définition du rôle de sage-femme référente pour le suivi de grossesse

Depuis la loi du 26 avril 2021, les patientes ont la possibilité de déclarer une sage-femme libérale comme référente à l’assurance Maladie. Les tâches et la rémunération de cette sage-femme ont été définies par cet avenant.

En collaboration avec le médecin traitant, la sage-femme référente aura pour mission d’assurer la coordination des soins. Elle devra réaliser la majorité des rendez-vous du parcours grossesse et du suivi postnatal, faire le lien avec la maternité et s’assurer que la patiente ait un suivi à domicile programmé à sa sortie.

L’autre rôle de la sage-femme référente est informatif. Elle devra tenir sa patiente informée de son parcours grossesse et du suivi médical du nourrisson, mais également de ses droits et des démarches administratives à réaliser. Elle devra aussi assurer un rôle de prévention tout au long du parcours.

En contrepartie de la réalisation de ces tâches, la sage-femme libérale référente sera rémunérée à hauteur de 45€ par suivi de grossesse.



Valorisation des interventions en plateau technique et maison de naissance

Cet avenant valorise également les accouchements en plateau technique ou en maison de naissance.

Un forfait de 80€ a été créé pour gratifier la disponibilité et l’astreinte de la sage femme pour les accouchements en plateau technique, sur les derniers mois de grossesse.

Dans les maisons de naissance, une sage-femme qui réalise la surveillance du travail d’accouchement sera rémunérée à hauteur de 300€. Un forfait de 150€ a également été créé pour la surveillance postpartum immédiat dans ces mêmes maisons de naissance.

Une majoration de 30€ pour les deux premières visites de surveillance à domicile réalisées entre J0 et J2 lorsque la femme rentre à domicile après un accouchement.

Selon l’UNFFS, le contenu de cet avenant n’est pas satisfaisant, mais sa signature représente tout de même une avancée au vu du déroulement des négociations. Le syndicat n’est, par exemple, pas satisfait du montant de 45€ par patiente pour la sage-femme référente.

Les négociations pour 2024 reprendront au second semestre 2023 et porteront sur l’ensemble de la convention.



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Un vaccin contre le mélanome en développement | Thierry Payet

Chaque année, le mélanome, un cancer cutané, est responsable de près de 2000 décès en France. Si les progrès diagnostiques et thérapeutiques ont permis ces dernières années d’améliorer le pronostic des stades localisés, les stades avancés et/ou métastatiques restent associés à un pronostic plus réservé. Récemment, les résultats d’un essai clinique de phase 2 mené sur un candidat vaccin contre le mélanome permettent d’envisager le développement d’un vaccin contre le mélanome thérapeutique, en association avec l’immunothérapie.

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Comment améliorer le pronostic des mélanomes de stades avancés ?

L’incidence du mélanome , le plus grave des cancers cutanés, ne cesse d’augmenter depuis quelques décennies. Si les progrès thérapeutiques, notamment l’arrivée de l’immunothérapie, ont permis d’améliorer le pronostic des stades localisés, les stades III et IV restent complexes à traiter avec des taux de survie à cinq ans de 16 (stade IV) à 60 % (stade III).

Dans ce contexte, mettre au point de nouvelles approches thérapeutiques contre les stades avancés de mélanome constitue un enjeu majeur pour la recherche sur ce cancer et un formidable espoir pour les patients et leurs familles. Le laboratoire Moderna développe actuellement un vaccin expérimental contre le mélanome personnalisé, basé sur la technologie ARNm (la même technologie que celle utilisée récemment pour développer les premiers vaccins contre la Covid-19). L’administration de ce vaccin thérapeutique a pour objectif de stimuler le système immunitaire du patient contre les cellules tumorales.

Un vaccin contre le mélanome capable avec l’immunothérapie de réduire le risque de récidive

Récemment, un essai clinique, randomisé, ouvert, a été lancé pour évaluer l’efficacité de ce vaccin contre la mélanome thérapeutique, en association avec un médicament d’immunothérapie, qui contribue également à stimuler le système immunitaire pour l’aider à mieux lutter contre les cellules tumorales. Dans cet essai, 157 patients atteints d’un mélanome de stade III ou IV après résection complète ont été inclus et répartis dans deux groupes :

  • Un groupe traité par l’association du vaccin (neuf doses au total sur une année) et de l’immunothérapie (200 mg toutes les trois semaines jusqu’à 18 cycles sur une année complète ;
  • Un groupe traité uniquement par immunothérapie, jusqu’à la récidive du mélanome ou l’arrêt du traitement pour une toxicité inacceptable.

Les résultats de cet essai clinique révèlent que le vaccin thérapeutique, associé à l’immunothérapie, permettait une réduction significative du risque de récidive de la maladie ou de décès, par rapport à l’immunothérapie seule. Sur le plan de la tolérance, 14,4 % des patients ayant reçu le vaccin et l’immunothérapie ont présenté des événements indésirables graves, contre 10 % chez les patients traités par immunothérapie seule.

Une stratégie personnalisée applicable à d’autres cancers ?

Le critère d’évaluation principal du vaccin, la survie sans récidive, était améliorée significativement à la fois sur le plan statistique et clinique. L’ajout du vaccin à l’immunothérapie permettait de réduire le risque de récidive ou de décès de 44 %, par rapport à l’immunothérapie seule. Cet essai constitue donc une première démonstration de l’intérêt d’un vaccin  basé sur la technologie à ARNm dans le traitement d’un cancer.

Les chercheurs pensent pouvoir lancer un essai clinique de phase 3 dans le courant de l’année 2023. Ces résultats ouvrent également de nouvelles perspectives pour le traitement d’autres cancers, à partir de la technologie ARNm. L’un des intérêts de cette technologie est de mettre au point une thérapie personnalisée, ciblée sur les caractéristiques génétiques de la tumeur du patient. L’intégralité des données de l’essai et des conclusions des chercheurs devraient être présentées lors d’une prochaine conférence en oncologie.

Estelle B., Docteur en Pharmacie

Sources

Une prise de sang pour diagnostiquer la maladie d’Alzheimer

Une prise de sang pour diagnostiquer la maladie d’Alzheimer | Thierry Payet

Dans le monde, toutes les 3,2 secondes, une personne est nouvellement diagnostiquée de la maladie d’Alzheimer, la démence de loin la plus fréquente. Au-delà des conséquences majeures de cette maladie neurodégénérative sur la vie quotidienne et l’autonomie des patients, la question du dépistage et du diagnostic précoce de la maladie reste aujourd’hui majeure dans la lutte contre la pathologie. Récemment, des chercheurs américains ont développé une prise de sang de dépistage précoce de la maladie d’Alzheimer, basé sur les niveaux d’oligomères béta-amyloïdes dans le sang. Explications.

Une prise de sang pour diagnostiquer la maladie d’Alzheimer

Comment diagnostiquer la maladie d’Alzheimer ?

Pour mieux lutter contre la maladie d’Alzheimer, il faut savoir la détecter de manière fiable et le plus précocement possible. Actuellement, nombreux sont les patients qui ne sont pas ou mal diagnostiqués. Parallèlement, il n’existe pas de test permettant de poser un diagnostic de certitude. Les tests cognitifs et l’élimination d’autres causes de déficits cognitifs aboutissent à un diagnostic par défaut de la maladie d’Alzheimer, l’autopsie post-mortem étant le seul diagnostic de certitude de la maladie.

Les scientifiques tentent donc depuis des années de mettre au point un test fiable, non invasif, capable de diagnostiquer la maladie. Reste à trouver un marqueur spécifique de la maladie d’Alzheimer, facilement détectable, par exemple dans le sang. Dans cette étude, les chercheurs se sont intéressés aux oligomères béta-amyloïdes. Les protéines béta-amyloïdes sont présentes naturellement dans l’organisme et jouent un rôle dans la croissance et la réparation des neurones.

Une prise de sang pour détecter la maladie d’Alzheimer

Dans la maladie d’Alzheimer, les protéines béta-amyloïdes changent de conformation et s’agglutinent pour former des oligomères béta-amyloïdes, puis des plaques amyloïdes, qui seraient responsables des dégâts neurologiques de la maladie. Les chercheurs ont mis au point un test sanguin, capable de détecter les niveaux d’oligomères béta-amyloïdes dans le sang. Ce test, appelé SOBA (soluble oligomer binding assay) a permis de détecter des oligomères béta-amyloïdes :

  • Chez des patients présentant des troubles cognitifs
  • Chez des patients déjà diagnostiqués pour une maladie d’Alzheimer ;
  • Chez des sujets en bonne santé, mais ayant développé par la suite une maladie d’Alzheimer.

Selon les chercheurs, la présence d’oligomères béta-amyloïdes, parfois des années avant la survenue des premiers troubles cognitifs, serait un signe précoce du développement de la maladie d’Alzheimer. En détectant les oligomères béta-amyloïdes de manière précoce, les chercheurs pourraient intervenir avant que les oligomères et les plaques amyloïdes n’aient provoqué des dégâts irréversibles sur les neurones.

A la recherche de traitements pour neutraliser ces oligomères !

Dans l’étude, le test SOBA a été utilisé sur des échantillons sanguins de 310 personnes, avec ou sans troubles cognitifs. Dans 53 cas, une autopsie a confirmé la maladie d’Alzheimer, parmi lesquels 52 avaient présenté des oligomères béta-amyloïdes dans le sang mesuré par le test SOBA. Par ailleurs, 11 personnes de l’étude, sans troubles cognitifs, avaient des taux sanguins mesurables d’oligomères béta-amyloïdes. Parmi elles, 10 ont développé une maladie d’Alzheimer au cours des mois et des années qui ont suivi.

Les chercheurs de l’étude considèrent que les oligomères béta-amyloïdes sanguins seraient un premier signe mesurable du développement de la maladie d’Alzheimer – ou d’autres formes de démence – bien avant l’apparition des premiers symptômes. L’agence américaine du médicament a récemment accordé au test SOBA le statut de dispositif révolutionnaire, qui pourrait aboutir à une commercialisation prochaine sur le marché américain. Parallèlement, les chercheurs travaillent sur des méthodes capables de bloquer ces oligomères béta-amyloïdes, dans l’espoir d’enrayer le développement et l’évolution de la maladie d’Alzheimer.

Estelle B., Docteur en Pharmacie

Sources

– Alzheimer : un test sanguin peut détecter des années de protéines « toxiques » avant l’apparition des symptômes. medicalnewstoday.com. Consulté le 23 décembre 2022.
– SOBA : Développement et test d’un test de liaison d’oligomères solubles pour la détection d’oligomères toxiques amyloïdogènes. pnas.org. Consulté le 23 décembre 2022.